Faudra-t-il choisir entre la dette et l’écologie ? La question s’impose de plus en plus dans le débat public : face à l’envolée des dette...
Faudra-t-il choisir entre la dette et l’écologie ?
La question s’impose de plus en plus dans le débat public : face à l’envolée des dettes publiques, les États peuvent-ils encore financer la transition écologique sans compromettre leur équilibre budgétaire ? Pour beaucoup, le dilemme semble insoluble. Pourtant, l’opposition entre dette et écologie est en grande partie trompeuse.
D’un côté, les besoins sont immenses. Rénovation énergétique, transports propres, adaptation au changement climatique : ces investissements se chiffrent en centaines de milliards d’euros. Dans un contexte de taux d’intérêt plus élevés et de règles budgétaires contraignantes, certains gouvernements hésitent, craignant d’alourdir encore la dette.
De l’autre, repousser la transition a un coût tout aussi réel. Catastrophes climatiques, pertes agricoles, crises sanitaires : l’inaction écologique génère des dépenses futures bien supérieures aux investissements nécessaires aujourd’hui. À long terme, ne pas agir risque d’aggraver la dette plutôt que de la contenir.
De plus, l’écologie peut être vue comme un investissement productif. Une économie moins dépendante des énergies fossiles est plus résiliente, moins exposée aux chocs extérieurs et créatrice d’emplois. Plusieurs économistes plaident ainsi pour distinguer la « mauvaise dette », liée aux dépenses courantes, de la « bonne dette », orientée vers l’avenir.
Le véritable enjeu n’est donc pas de choisir entre dette et écologie, mais de repenser les règles budgétaires, de mobiliser des financements innovants et de mieux coordonner l’action publique et privée. À défaut, le coût écologique d’aujourd’hui deviendra la dette économique de demain.

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